Publié par : phaprice le : 26 juillet 2009
Ce week-end, j’ai eu la chance d’aller visiter la famille de ma chérie à la campagne vietnamienne. Et sur le chemin du retour, aujourd’hui même, sur l’un des nombreux chantiers des maisons en construction le long de la route, j’ai aperçu un homme qui lançait de grandes pelletées de terres sur un tamis, pour séparer les gros blocs de la terre fine (ça c’est pour ceux qui savent pas à quoi ça sert un tamis), alors même que mes oreilles tentaient de discerner le son de la radio du brouhaha des dits chantiers et des klaxons ininterrompus à l’extérieur de la voiture.
C’est alors que m’est venu une idée : et si on appliquait le principe du tamis à toute la bouse musicale qu’on nous balance à la tronche en permanence? Cette idée s’est fait de plus pressante à mesure que le “top” musical du jour, en majorité américain cela va de soi (mais pour une fois c’est pas contre eux que j’écris), se livrait à mes pauvres oreilles déjà abasourdies par le vacarme ambiant. Cela permettrait de distinguer, d’une part ce qui passe à travers le tamis, sorte de diarrhée musicale assez fine pour se faufiler dans les trous, trop insignifiante pour être qualifiée de merde, et susceptible de plaire à tout un chacun, même à moi dans les jours les plus sombres de mon existence; et d’autre part les étrons, massifs, compacts, gluants et visqueux, ceux qui resteront collés aux mailles et qui vous pollueront l’esprit bien après que leur sinistre auteur ne soit retombé dans l’anonymat total et obscur qui siait pourtant si bien à leur niveau créatif plus profond et écœurant que le rectum de Paris Hilton et la suffisance de Michael Vandetta réunis.
Et là, j’ai eu une révélation. Alors que je croyais mourir de désespoir devant les reprises R&B navrantes de chef d’oeuvres du Rock des années 70 et les gloussements monosyllabiques de Britney Spears, le présentateur radio annonça fièrement la piste à suivre pour les longues, très longues, 4 minutes 13 à suivre sur les ondes, j’ai nommé “Sorry sorry”, du groupe de post-adolescents pré-pubères androgynes “Super Junior”.
Sachez que si la torture n’a pas d’effet sur vous, si les rythmes assourdissants primaires des plus populaires des tubes de boîtes de nuit vous laissent froid, si vous pouvez oser dire en public à Arthur que vous riez de ses blagues, et même si vous avez aimé Transformers 2, vous ne serez pas à l’abri de cette funeste étoile qu’est “Sorry Sorry” dans la galaxie de l’étron astral, et vous en viendrez à bénir les boules quies, les cotons-tiges, les cure-dents ou tout autre objet capable d’amenuiser sinon d’anéantir vos capacités auditives pendant que le reste du monde périra dans les souffrances les plus atroces, et vous vous direz que oui, les sourds sont heureux.
Je n’ai ni la patience ni l’envie de vous décrire le contenu de ce condensé de bruit plus écœurant qu’une boule de déjection fraîchement rejetée à vos pieds, et je conclurai simplement cet article déjà beaucoup trop long en rétorquant au créateur de “Sorry sorry” que, moi aussi, je suis désolé, désolé qu’il n’ait pas préféré un jour utiliser un mouchoir et du papier toilette plutôt que d’envoyer le contenu de ses divers orifices à une maison de production, désolé pour le dit producteur qui avait certainement mieux à faire de son argent que de participer à la distribution de ce titre affligeant, désolé pour les “interprètes” (bien que je pense que le titre d’interprète revienne principalement aux ordinateur ayant servi à faire les effets sonores) qui s’offrent avec ce morceau une tare bien lourde à porter, et enfin je suis désolé pour tous ceux qui ont pu trouver, trouvent ou trouveront un jour cette aberration écoutable.
24 septembre 2009 à 3:26
En effet, c’est navrant…